Objectifs du blog

Florian Fle est un blog consacré au Français Langue étrangère. Vous pourrez trouver ici des idées de jeu à réaliser en classe, de diverses activités ludiques et j'espère de beaucoup d'autres choses au fur et à mesure de l'évolution du blog. J'espère simplement partager des conseils pratiques pour l'animation de classe, pour la présentation de documents et pour la motivation des élèves. (Dans le plus pur respect du CECR et des approches communicatives et actionnelles). Toutes les remarques sont les bienvenues !

Les libellés proposent un classement par niveau et par type de document.
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jeudi 25 octobre 2012

Le bourgeois gentilhomme (Molière)

Niveau : fin (bon) B1- B2
Durée : 40-60mn

Photo de Le Bourgeois gentilhomme
Objectifs linguistiques :
- Révision du gérondif.
- Lexique de la bouche et de l'articulation (ouvrir, fermer, rapprocher, lèvres, dents, langue,...)
- L'articulation des voyelles et de quelques consonnes. C'est ici cet objectif phonétique qui est le plus important.

Objectif fonctionnel :
- Comprendre un extrait d'une pièce de théâtre comique dans laquelle un professeur enseigne la manière de prononcer et d'articuler certains phonèmes français.

Objectifs culturels :
- Un grand dramaturge français : Molière.
- Le contexte socioculturel sous Louis XIV (pour comprendre le pourquoi de cette pièce)

Je l'ai fait en fin B1 et ça s'est plutôt bien passé avec la transcription, même si la première écoute (ou la deuxième...) n'était pas évidente pour les apprenants.

Sensibilisation

L'affiche du film avec Galabru (idiotement censurée par les détenteurs de ses droits comme vous le voyez ci-dessus) (mais d'autres affiches assez similaires peuvent faire l'affaire si vous ne trouvez pas celle-là) me semble particulièrement éclairante pour aborder cette pièce. On y retrouve tous les éléments importants de l'intrigue : l'époque, le héros, ses désirs, sa triste réalité. L'affiche retranscrit parfaitement le titre et l'explicite dans le fossé entre la réalité d'un bon bourgeois ridicule et vulgaire et ce qu'il ne sera jamais : un noble cultivé, même s'il le croit férocement (l'image que lui renvoie le miroir).
Donc j'y vais franco :
C'est quoi ? Une affiche de film : le bourgeois gentilhomme.
D'accord, mais à l'origine, c'est quoi ? Une pièce de théâtre.
De qui ? De Molière (écrit sur l'affiche) Parenthèse : c'est qui Molière ?
Qu'est-ce que vous voyez ? Un gros bonhomme et dans la glace, Louis XIV.
C'est qui Louis XIV ? Pourquoi le reflet dans le miroir c'est Louis XIV ? Quel rapport avec le titre ? C'est quoi un bourgeois ? C'est quoi un gentilhomme ? Ah! Il n'y a pas un oxymore ici ? (une "contradiction".... ok) Oui ? Alors quelle est l'histoire ?
Petite précision qui a son importance : c'est une comédie, ils ne devraient pas avoir trop de mal à la deviner. Le tout est de leur faire comprendre que c'est un bourgeois pas très malin qui veut à tout prix pénétrer le monde de la noblesse et n'y parvient pas vraiment. Et que - cherry on the cake - c'est tout à fait symptomatique de la bourgeoisie de l'époque de Molière et qu'il s'agit d'une satire sociale !

La compréhension globale

Une fois que l'intrigue est posée, on peut passer à l'extrait en question.
Plusieurs passages existent sur youtube ou dailymotion mais tous ne sont pas forcément bons (accent du 17ème siècle ou acteurs qui se trompent dans les explications.... même si ça passe inaperçu pour le public inattentif !!! MAIS pas pour moi). Malgré la qualité visuelle et sonore fort médiocre de celui-ci, c'est le moins mauvais que j'ai trouvé, mais je laisse le choix à votre convenance (il faut chercher "Le bourgeois gentilhomme leçon d'orthographe"). La transcription est en bas de page dans "plus d'infos".

Voici le lien pour mon choix : http://www.dailymotion.com/video/x15v2_m-jourdain-et-les-sons-1_school

Le passage n'est pas très long, entre 2 et 4 minutes selon les versions. La première écoute sert à situer globalement l'action : le bourgeois en question ET son professeur (de philosophie) sont en pleine leçon de prononciation et de formation des voyelles et consonnes françaises (et non pas d'orthographe, contrairement à ce qui est écrit partout...), en un mot comme en cent, en plein atelier de phonétique !
Il suffit de demander : Que fait le professeur ? Il lui montre comment prononcer les lettres. Quelles lettres ? A E I O U + quelques consonnes.
Sur tous les extraits, Monsieur Jourdain a l'air complètement abruti et le maître de philosophie complètement escroc. En demandant aux apprenants ce qu'ils pensent du comportement de chaque personne, ils répondent rapidement qu'il y en a un qui se fiche de la tête de l'autre. On peut le relier à l'intrigue générale : pourquoi est-ce qu'il prend cette leçon ? Pour se cultiver mais l'autre l'arnaque sans scrupules en lui racontant des choses qu'il sait déjà.... Heureusement pour les profs de Fle !

La compréhension finalisée

Si le niveau est bon, il est sans doute possible de faire relever comment on forme chaque lettre en confiant à différents groupes différents phonèmes. Si c'est trop difficile, on passe directement à la transcription mais c'est dommage. Une fois ce relevé effectué, il est temps de décortiquer les objectifs qui vous intéressent. Une petite révision rapide du gérondif (pour la manière ici) ne fait jamais de mal et il est surtout nécessaire à mon sens de trouver un classement malin pour le champ lexical de l'articulation phonétique. Là, j'avoue bien volontiers que je sèche un peu. A part les verbes et les noms, je ne vois pas comment catégoriser tout ça. Si jamais quelqu'un a des idées...

Production

Finalement, la suite logique du travail qui précède, c'est de faire réfléchir les apprenants sur la prononciation des phonèmes français. Je leur ai donc attribué des consonnes différentes (parmi celles qui ne sont pas utilisées dans le document) à chacun (en petits groupes de deux ou trois) en leur demandant d'expliquer de quelle manière on forme chacune de ces lettres. Cette activité a l'avantage de les faire réfléchir à plusieurs sur la manière dont ils prononcent ces lettres, les différences éventuelles entre eux et l'origine mécanique, articulatoire de ces divergences. Donc au final de leur faire prendre conscience de l'importance de cet aspect physique de la prononciation.
Et SURTOUT, surtout, d'arriver à ce qu'ils opposent les D/T, K/G, CH/J, F/V,... et autres couples de consonnes en observant les vibrations des cordes vocales et les continuités ou ruptures de son. Et je le dis tout net : ce n'est pas gagné ! Après que je les ai harcelés à plusieurs reprises sur les séances précédentes et sensibilisés tant bien que mal à ces problèmes, ils n'avaient toujours pas assimilé tout ce qu'on avait fait et qui aurait pu grandement les aider dans ce travail. Je retenterai ma chance un jour...

Mon temps était limité, mais on pourrait prolonger l'activité en demandant également de préciser dans quelles circonstances on peut utiliser ces lettres, ou d'expliciter ce qu'elles expriment facialement quand on les prononce (comme par exemple le U qui sert à faire la moue).



mardi 9 octobre 2012

Laisse Béton (Renaud)

Niveau : B1-B2 (réussi en A2 mais avec moult difficultés)
Durée : 45mn



Objectifs linguistiques :
- Relation imparfait - passé composé (en rappel)
- Quelques mots de verlan/ argot
- Lexique de la bagarre/ de la lutte
- Divers objectifs phonétiques sur la langue familière (je serai qui devient chrai ; ça permet de dériver sur j + s => Ch et par exemple "chais pas" utilisé en permanence par les Français)

Objectifs fonctionnels :
- Comprendre une chanson qui rapporte des événements passés dans un langage familier en suivant une structure qui se répète sur plusieurs couplets.

Autant prévenir tout de suite, il faut une classe motivée ! Et qui comprend bien l'oral. J'ai essayé différentes manières de l'aborder mais ça n'a pas toujours été un succès. Je l'ai d'abord tenté avec un groupe de fin-A2 qui ont pris leur temps mais qui ont réussi ce que je leur demandais, puis avec un groupe de quasi-B2 qui n'a carrément rien compris (et y a mis toute la mauvaise volonté du monde).

Mais en premier lieu, pourquoi cette chanson ?
- Parce que c'est l'une des plus connues de Renaud (qui est un des chanteurs français les plus connus).
- Parce que c'est l'une des chansons de Renaud ou on retrouve le moins d'entraves socio-culturelles (aucune à part le verlan).
- Parce que le verlan et les mots familiers utilisés dans cette chanson sont toujours utilisés aujourd'hui (pour 95% d'entre eux).
- Parce que sa structure répétitive de couplet en couplet favorise sa compréhension.

Pour introduire la chanson, je vous propose de passer le début de cette vidéo qui explique un peu le contexte et l'écriture de la chanson. Cette partie ne m'a pas posé de problème en classe. J'ai juste demandé aux apprenants d'attraper au vol le maximum d'informations. On peut aussi donner quelques informations en plus sur Renaud ou leur faire écoute un petit extrait de Mistral Gagnant. Souvent je leur projette des photos de Renaud jeune/ mi-jeune/ vieux pour illustrer son parcours et ses positions (période mai 68, artiste engagé à gauche, etc).



Un petit travail sur le titre et sur le verlan peut être utile avant d'aller plus loin dans l'étude de la chanson. Si les apprenants évoluent dans un environnement jeune et francophone, il n'est pas rare que certains vous sortent "meuf", "flic", "cimer", "relou" ou d'autres mots courants entendus ici ou là.

Ensuite, première écoute de la chanson avec le clip ci-dessous :



Ce dernier présente l'avantage d'offrir un support visuel à une chanson difficile d'accès. Je préviens quand même les élèves que ce n'est qu'une illustration et que tout n'est pas exactement comme dans la chanson. ça leur donne quand même le contexte (un bar, des bagarres, il termine à poil).
Après la première écoute, compréhension globale du document : Qui? Où? Quoi ? Combien de couplets/ refrains. Les apprenants attrapent tout de suite qu'il est dans un bar, qu'il boit du café et que d'autres personnes viennent.

Une deuxième écoute est souvent nécessaire pour déterminer que ces autres personnages sont hostiles (réécoute ciblée : pourquoi ils viennent dans le bar ? Qu'est-ce qu'ils veulent ?) et SURTOUT qu'ils veulent lui prendre ses vêtements.
A partir de là, tout devient plus simple : Quel vêtement ? Pourquoi ils veulent ses vêtements ? Ils veulent tous le même vêtement ? Et lui, il est d'accord ? Qu'est-ce qui se passe alors ? Et à la fin ?
Et vous avez ainsi le déroulé de la chanson avec le clip vidéo qui prend tout son sens. A ce stade, il faudrait peut-être envisager de faire un petit schéma récapitulatif pour que ce soit plus simple pour les apprenants.

Si c'est toujours trop difficile pour eux, je leur donne la transcription écrite avec des trous à remplir (classique, oui, mais efficace). Lors de la mise en commun de ce travail, débarrassez-vous directement de tous les refrains (mandale, châtaigne,...) pour ne pas avoir à y revenir. Faites aussi expliquer le vocabulaire qui pose problème sans trop vous attarder. Vous pouvez faire relever maintenant les mots en relation avec la lutte, la bagarre, même si je préfère faire ça en dernier et de manière linéaire (honte à moi ! Je sais...) pour expliquer la chanson en détail car ce champ lexical est présent partout.

Une fois que ce travail est effectué, je leur propose de retrouver le sens de certaines expressions en leur présentant deux colonnes : une avec les expressions en registre standard et une autre avec les mots/ expressions de la chanson, pour faire un petit exercice d’appariement.


Ici, il ne faut pas se le cacher, tout dépend de la vivacité d'esprit des étudiants... Et je n'en ai jamais eu plus de deux ou trois assez vifs dans le cours pour réussir cette activité. La plupart d'entre eux se découragent (bien à tort !!) immédiatement. En effet, il suffit de leur donner quelques conseils tout simple pour réussir :
- Faire correspondre les catégories grammaticales (chouraver a toutes les apparences d'un verbe, il faut donc l'associer avec un verbe...).
- Insister sur la structure de la chanson (dans tel refrain, il vole ses bottes et la dernière phrase, c'est "je lui ai filé mes grolles"). Avec ce raisonnement, il est aussi facile de trouver "futal" avec jeans.
- Insister sur le contexte de chaque mot en relation avec le sens général de la chanson. On sait que les autres personnes volent ses vêtements donc "chouraver son blouson", ça veut dire quoi ?

Un véritable esprit de déduction est nécessaire et c'est ce qui rend ce point si délicat.
L'explication de certaines expressions peut prendre un tour assez drôle, comme "je me les gèle", qu'ils n'ont aucun mal à comprendre (il s'agit des MAINS, bien sûr).

Enfin, si le niveau est assez élevé, il est possible de leur proposer d'écrire un couplet en plus sur un vêtement de leur choix en essayant d'utiliser des mots familiers ou - pourquoi pas - de créer leurs propres mots en verlan, histoire de leur montrer que le français n'est pas non plus une langue figée et qu'on peut la tordre aussi pour son propre plaisir (avec parcimonie...).


L'île déserte : man versus wild !

Niveau : B1-B2
Durée : 30mn

Objectifs :
- Hypothèse/ condition (si + présent/ imparfait).
- Lexiques particuliers aux professions présentées.
- Convaincre/ argumenter

Travail sur la prise de parole en continu.

Pour prolonger l'activité sur "l'île déserte : perdus en mer !" je vous propose une autre activité que j'ai trouvé sur internet (site "allumez le fle") en l'adaptant légèrement.

Tout d'abord, faîtes une liste avec les apprenants des métiers utiles sur une île déserte. Au besoin, préparez des images et faîtes deviner les professions. En vrac, on peut trouver : médecin, pompier, soldat, agriculteur, jardinier, infirmière, écrivain, prêtre, charpentier, chasseur, musicien, cuisinier,...

Deuxième étape, le prof distribue les métiers selon les envies des apprenants ou selon ses propres envies.

Ensuite, introduire le contexte : après avoir jeté à la mer les objets trop encombrants, les habitants du radeau se rendent compte qu'ils continuent à couler... En demandant aux apprenants ce qu'il faut faire, ils en arrivent très vite à la conclusion qu'il faut jeter quelqu'un par dessus-bord.

Les élèves comprennent tout de suite qu'ils vont devoir réaliser une plaidoirie pour se défendre. Ce discours leur permettra de parler de projets futurs et d'utiliser des conditions et des hypothèses en grand nombre : si quelqu'un tombe malade, je pourrai le soigner... si jamais vous voulez faire une maison sur l'île, je pourrai faire les plans, couper les planches,... Les possibilités sont multiples selon les professions.

Évidemment, certains sont plus difficiles à défendre que d'autres. Le prof doit savoir distribuer les rôles équitablement. On peut aussi introduire un couple qui devra se défendre à deux (et si un autre élève joue le prêtre, il pourra même les marier avant le début de l'activité, pourquoi pas ?).

Enfin, chacun présente sa plaidoirie et il peut s'ensuivre un débat contradictoire. La classe vote ensuite pour désigner le métier le moins utile (en général, il y a toujours quelqu'un qui demande à se sacrifier ou qui vote pour lui-même, ce qui casse un peu l'idée de base mais bon...).

Le débat peut déboucher sur des sujets éthiques. Par exemple, une des personnes peut être tout simplement "une femme enceinte". Est-ce que les autres sont prêts à la jeter à l'eau pour survivre en constatant qu'elle sera complètement inutile sur la terre ferme ?

J'ai essayé de cette manière de provoquer quelques réactions mais mes apprenants ont été très sages et j'en avais quatre prêts à tenter le chemin jusqu'à l'île à la nage pour sauver les autres. Tant pis !! J'attendrai un groupe un peu plus cruel pour rigoler.

L'île déserte : perdus en mer !

Niveau : à partir de fin-A2, début B1.
Durée : 20mn

Objectifs linguistiques :
- Le lexique de la survie, des naufragés.
- La condition : si + présent... alors + futur.
Et selon le niveau si + imparfait... + conditionnel.
- Le futur simple et le futur proche.

Objectifs fonctionnels :
- Argumenter / convaincre.
- Exprimer des hypothèses et des conditions.

Je n'ai essayé cette activité qu'une seule fois. J'ai d'abord montré des photos d'île déserte et de canot de sauvetage. J'ai fait comprendre aux apprenants qu'ils étaient tous dans un radeau avec une île en vue. Problème : le bateau coule. Il faut jeter des provisions par-dessus bord. Je leur ai alors proposé de choisir deux objets à garder parmi ceux qui sont présentés (on peut monter à trois car tout le monde est d'accord pour garder l'eau...).

Par groupe de trois, les apprenants doivent décider des meilleures options pour leur survie sur l'île. Ils ne savent pas combien de temps ils vont y rester. Cela les encourage à faire des hypothèse du style : Si on jette l'eau, on ne pourra pas boire. Si on jette la scie, on ne pourra pas se défendre contre les bêtes sauvages. Si on garde le pistolet, on pourra chasser... etc. De même, avec l'imparfait et le conditionnel.

Ensuite chaque groupe explique ses choix et toute la classe essaye de se mettre d'accord sur les trois objets à garder.
Il y a mille manières d'aborder cette activité qui a l'avantage de ne pas nécessité de grosse préparation et qui plaît beaucoup aux élèves. Elle est aussi très rapide à mettre en place et à s'effectuer. Très utile pour meubler 20mn de cours intelligemment.

Speech - Il était une fois

Niveau : Tous niveaux (mais plutôt à partir de A2).
Durée : variable selon les activités.


Objectifs : Divers.

Speech est un jeu à part entière qu'on peut utiliser avec les règles d'origines (en gros, tirer des cartes et inventer des histoires à partir de ces cartes), mais dont on peut aussi se servir beaucoup plus simplement.

Speech, c'est tout simplement un petit boitier métallique avec 60 cartes double-face, soit 120 images sur tout et n'importe quoi.
Si la classe parle beaucoup et a plutôt un bon niveau, il est tout à fait possible de leur proposer d'improviser sur les cartes qu'ils tirent en suivant la règle du jeu. Personnellement, je trouve ça super stressant et je ne pense pas le faire en classe (déjà en langue maternelle, ce n'est pas toujours évident pour tout le monde).

Je propose donc de se servir de ces cartes dans un but purement utilitaire pour déclencher les productions, qu'elles soient orales ou écrites. On distribue trois ou quatre cartes à chaque groupe/ personne qui doit ensuite réaliser un travail.
Par exemple, je m'en suis servi pour :
- Faire raconter un fait divers insolite.
- Faire raconter une histoire personnelle dans le passé dans une conversation téléphonique.
- Créer un conte/ une histoire imaginaire.
- Etc.

Les possibilités sont infinies. On peut même s'en servir pour la description. Une personne décrit et les autres doivent trouver quelle carte est décrite le plus rapidement possible.

On peut s'en servir comme des contraintes absolues (il FAUT utiliser une ou plusieurs cartes dans sa production) ou simplement comme déclencheur de production, pour aider des étudiants en manque d'inspiration. Ce jeu a l'avantage non négligeable d'être prêt à l'emploi et de dispenser le professeur de passer des heures à découper des images dans des magazines ou dans des journaux.

Dans le même genre, pour des niveaux beaucoup plus avancés (B2 et maîtrise du passé simple), il existe le jeu "Il était une fois" que je n'ai pas encore testé en classe (faute de cobayes disponibles...).
Même principe : des cartes "roi", "princesse", "trésor",... ainsi que des lieux ("château", "grotte",...), des situations ("ils tombent amoureux", "une transformation") ou encore des fins obligées ("alors il lui pardonna et ils se marièrent", "ils le mangèrent au festin et ce fut savoureux") et toujours un seul objectif : inventer un conte.


J'essayerai de le tester un jour pour en rendre "conte" (ok, jeu de mot merdique...) plus parfaitement.

Où étiez-vous à l'heure du crime ?

Niveau : à partir de mi-A2
Durée : 30-40mn par manche



Objectifs linguistiques :
- Les différentes façons de poser des questions (nécessite un rappel préalable).
- Lexique différents selon les crimes choisis.

Objectif fonctionnel :
- Mener un interrogatoire pour confondre des suspects.

Je commence toujours cette activité par des photos de Colombo, Derrick, Hercule Poirot et Maigret (que personne ne reconnaît jamais). J'introduis de cette manière l'idée d'inspecteur, de suspect, d'alibi, d'interrogatoire. On fait un petit brainstorming (remue-méninge) sur le type de questions qu'on peut poser à un suspect (en général : où? Quand? Pourquoi? Avec qui? Combien de temps?...). Il est important que tout le monde participe à cette activité. J'ai cherché des interrogatoires sur internet mais je n'ai rien trouvé de bien concluant (surtout pour les petits niveaux). A la limite, le site polar fle, mais presque plus rien ne marche dessus.

Un jeu qui ne nécessite pas de boîte de jeu et qui peut très bien se faire avec quelques bouts de papier mais bon... C'est toujours plus agréable de jouer avec des vraies cartes.
Ce jeu repose sur des mécanismes bien connus :
- On choisit deux suspects.
- On tire un crime (on a volé la hotte du Père Noël, une petite vieille aveugle et en fauteuil roulant a été dévalisée,...). Faites attention, il y a pas mal de socio-culturel dans certains crimes.
- On tire un alibi, du plus crédible au plus improbable (au cinéma, tout nu dans une cabine téléphonique, en tain de commettre un autre crime...)
- On tire l'heure du crime (conditionne pas mal de choses).
- Les deux suspects préparent leur alibi en dehors de la classe.
- Le reste de la classe prépare les questions à poser (qui devront être identiques pour les deux suspects).
- Enfin, on interroge séparément les deux suspects pour voir s'ils donnent la même version de leur alibi.



Attention, il faut bien leur préciser qu'il est interdit de répondre "je ne sais pas". Normalement, les questions que posent les inspecteurs sont validés par le professeur qui les écrit au tableau pour s'en rappeler. J'aime bien faire une petite mise en scène au moment de faire rentrer les suspects pour les mettre dans l'ambiance (assis sur une chaise en face de toute la classe, je les tutoies soudainement,...). Mais tout ça se passe très bien. Les suspects ont toujours été des volontaires.

- Dernière étape : les inspecteurs décident ensemble si les suspects sont coupables ou non. En cas d'égalité, je tranche en faveur de l'un ou de l'autre.

Petites précisions : l'intérêt du jeu se montre surtout dès l'interrogatoire du deuxième suspects. C'est alors que les langues se délient et que des questions nouvelles apparaissent. En général, je laisse les étudiants les poser. Les questions qui fusent dans tous les sens avec un ton accusateur sont bien dans l'esprit du jeu. Et de toute façon, cela ne pénalisera pas les suspects.

Je voulais expérimenter une dernière étape, un coup de théâtre de dernière minute : après l'annonce du verdict par les enquêteurs, le prof leur annonce que deux témoins du crime se sont présentés au commissariat. Ils ont réalisé un portrait-robot du criminel.
Deux élèves auront préalablement choisi n'importe qui dans la classe (pendant que les autres préparent les questions pour l'interrogatoire) et auront préparé une description physique de cette personne. Les autres élèves doivent alors deviner qui est le coupable à partir de ce portrait-robot.
Cela permet de faire en plus travailler un peu sur la description, surtout pour le niveau A2.
Plus qu'à essayer...



The Big Idea

Niveau : Fin B1- début B2
Durée : 40mn

Objectifs linguistiques :
- Les pronoms relatifs Qui/ Que (et même dont/ à qui/ où selon le niveau)
- Les verbes pour parler de l'utilisation d'un objet : servir à, permettre de, est utile pour/ à, est idéal pour,...

Objectifs fonctionnels :
- Présenter/ Décrire un objet.
- Vanter les qualités d'un objet.

Et plus généralement : convaincre/ argumenter.

The Big Idea est un jeu extrêmement drôle mais à ne pas mettre entre toutes les mains. D'où les énormes difficultés que j'ai rencontrées pour l'utiliser en classe. Théoriquement, on pourrait l'utiliser dès le A2 ou la fin du A1, mais pas avec tous les élèves...

Le principe est simple. Vous avez deux types de cartes. Les cartes "objets" et les cartes "qualificatifs". On distribue trois cartes objets et qualificatifs à chaque groupe qui doit, à partir de ces différents éléments (en utilisant une, deux, trois... jusqu'à six cartes au choix), créer une invention insolite et extraordinaire.

Les cartes sont très bien faites puisqu'on a le mot, l'image et en dessous une petite définition.

Comme vous pouvez le voir sur cette image, on peut trouver des objets très marrants. Pour cette première partie du jeu, tous mes groupes ont toujours réussi à assembler quelque chose, même si pour certains élèves peu familiers avec le monde du jeu ou un peu âgés, j'ai lutté férocement pour leur faire comprendre ce que j'attendais d'eux.

Deuxième étape : la présentation du produit. Et c'est là que les choses se corsent. Les joueurs doivent convaincre les autres participants que leur invention est la meilleure. Pour cela, deux stratégies : une présentation ultra-convaincante et réaliste (difficile avec les cartes qu'on se ramasse la plupart du temps) ou bien une présentation déjantée d'un produit infaisable. En général, c'est la meilleure manière pour s'attirer les voix au moment du vote. Problème : l'absurde ne plaît pas à tout le monde et il faut au moins un tchatcheur dans chaque équipe pour défendre les qualités de son invention.
Cette étape de présentation a l'avantage de faire présenter aux autres équipes des qualificatifs dont ils doivent saisir le sens à partir des exemples qui sont donnés pour illustrer l'utilité de ces inventions.

J'ai essayé différentes manières d'aborder cette étape de la présentation. La première fois, je les ai laissés libres de leur présentation. C'était un groupe de fin-B1 et l'expérience a été plutôt concluante et amusante même si le résultat dépend beaucoup du degré de "funitude" et de capacité à raconter des choses totalement absurdes de la part des élèves (et c'est exactement la même chose si vous jouez avec des natifs...).
J'ai retenté la même expérience avec des mi-A2 et là c'était déjà beaucoup plus compliqué. Très peu de groupes ont réussi à me sortir une présentation correcte. La plupart d'entre eux, se sont débattus avec leur imagination pendant un quart d'heure pour me sortir des inventions vraiment pas terribles... Quant aux présentations, elles se résumaient à deux phrases. Une pour donner le nom du produit, une pour demander de voter pour eux...
Echec cuisant donc, sauf pour les plus déjantés du groupe qui m'ont sorti des choses intéressantes. Pour les autres, je crois que l'idée que c'était un jeu leur a soudain ôté toute envie de faire des efforts.
J'ai retenté l'expérience un niveau au dessus, dans un atelier oral A2. Là encore, j'ai rencontré des difficultés pour l'étape de la présentation chez beaucoup de groupes alors que j'avais bien essayé de leur donner un cadre assez strict, leur demandant une phrase commençant par "C'est un objet qui sert à", "qu'on utilise pour", "qui est idéal pour", etc. Mais mes consignes n'ont pas été respectées.

Trois tentatives au total. Pour la première (niveau B1), je n'ai pas fait d'activité préparatoire, ils n'en avaient pas besoin. Pour les deux autres, j'ai beaucoup insisté sur des documents publicitaires qui présentaient diverses produits insolites. D'abord pour travailler Qui/ Que s'ils ne le connaissaient pas et ensuite pour faire repérer les verbes et les expressions utilisées dans ces descriptions publicitaires (ou articles de magazines design et décoration). C'est pour ça que finalement, je me dis que A2, c'est un peu tôt (ou avec des groupes très déconneurs). Tentez plutôt l'expérience à partir du B1 avec un petit texte qui présente un objet insolite.
Comme c'est un jeu, pour ne pas perdre les élèves dès la première minute, je conseille de bien insister sur les points suivants (voire les écrire au tableau) :
- Les verbes pour présenter un objet.
- Demander de toujours préciser à qui ça s'adresse.
- Demander à chaque fois de donner un exemple concret d'utilisation pour tout qualificatif qui rentre dans la composition de l'invention (et pas simplement "liquide, ça veut dire que c'est pas solide").
- Expliquer que c'est un JEU et donc qu'ils peuvent se permettre n'importe quoi. Certains groupes essayeront systématiquement de réaliser des inventions possibles et réalisables (ou même qui existent déjà) et resteront bloqués un long moment sur cette idée (surtout les Allemands...) (sans blague).

Enfin pour introduire cette activité, je leur montre toujours quelques photos de Géo Trouvetou (BD Picsou, ce qui permet de savoir comme Picsou s'appelle dans d'autres langues), de Benjamin Franklin et de Léonard de Vinci. Les élèves trouvent rapidement que ce sont tous des inventeurs et je leur propose alors de devenir eux-mêmes des inventeurs et de créer l'invention révolutionnaire du 21ème siècle.

Un jeu très intéressant donc, mais plus qu'une question de niveau, c'est surtout une question de personne. Pour être sûr que chacun puisse sortir quelque chose, mieux vaut donc attendre un niveau un peu élevé comme B1, ou bien être sûr de sa classe et de leur capacité à blablater sur des sujets absurdes.