Objectifs du blog

Florian Fle est un blog consacré au Français Langue étrangère. Vous pourrez trouver ici des idées de jeu à réaliser en classe, de diverses activités ludiques et j'espère de beaucoup d'autres choses au fur et à mesure de l'évolution du blog. J'espère simplement partager des conseils pratiques pour l'animation de classe, pour la présentation de documents et pour la motivation des élèves. (Dans le plus pur respect du CECR et des approches communicatives et actionnelles). Toutes les remarques sont les bienvenues !

Les libellés proposent un classement par niveau et par type de document.
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mardi 30 octobre 2012

Hanabi : les chiffres et les couleurs !

Niveau : A1
Public : Enfant
Durée : variable
Nombre de joueurs : jusqu'à 5



Objectifs linguistiques :
- Les chiffres jusqu'à 5.
- Les couleurs : rouge, vert, jaune, bleu, blanc.
- Le verbe avoir au présent.
- Questions diverses.

Hanabi est un jeu rapide et facile à comprendre qui vous met dans la peau d'un artificier ! C'est aussi un jeu coopératif de 2 à 5 joueurs qui s'articule autour des chiffres et des couleurs (les chiffres jusqu'à 5 et les 5 couleurs : vert, rouge, jaune, bleu, blanc (le blanc est-il une couleur ? Vous avez quatre heures...)).

Le but du jeu est simple : poser sur la table des suites de chaque couleur (de 1 à 5, donc). Petite subtilité : vous ne voyez pas votre jeu ! Les cartes sont cachées pour vous mais visibles pour les autres. Ce sont vos coéquipiers qui vous donnent des indications pour vous permettre de faire le meilleur choix. Mais il n'est possible de ne donner qu'une seule information à la fois, portant sur un chiffre ou sur une couleur, par exemple : "tu as un 2 ici et là" ou "tu as deux cartes rouges, ici et là",...

Le principe paraît simple mais réussir à poser tous les feux d'artifice est quasi-impossible. Certaines cartes n'existent qu'en très peu d'exemplaires et peuvent - si l'on n'y prend pas garde - être défaussées par un joueur qui n'a pas eu la bonne information au bon moment. Tout ça devient très vite assez cérébral et frustrant. On se fait rouler par le jeu, même en instaurant des règles implicites et officieuses (et tout à fait proscrites par la règle) censées éviter de jeter certaines cartes ou de poser ce qu'il faut quand il faut...



Concrètement, j'ai du mal à voir ce que ça peut donner en classe. Les mécanismes de bases sont simples et les phrases autorisées assez basiques, mais cela nécessite quand même une excellente compréhension entre les joueurs et une bonne entente pour progresser un minimum. En gros, il vaut mieux le tester avec des apprenants complices et futés. Tout se joue sur une coopération discrète et silencieuse, par des jeux de regards et des discussions très encadrées sur la meilleure des solutions à prendre. C'est un jeu coopératif, ne l'oublions pas, et même si chacun joue à son tour, rien ne l'empêche de consulter ses partenaires sur ce qu'il doit faire ou de mettre au point une stratégie globale. Les moins malins pourront sans doute s'amuser mais risquent de perdre assez vite en faisant n'importe quoi.

Comme les parties se jouent au nombre de points, on peut aussi organiser un tournoi des meilleurs artificiers. Dans ce cas, il faudra deux ou trois jeux selon le nombre d'élèves. Mais en le couplant avec deux ou trois autres jeux du genre, il est possible d'organiser des petites olympiades avec des équipes qui jouent chacune leur tour aux jeux proposés.

Enfin, il me semble qu'il serait plus astucieux de réaliser cette activité avec des apprenants partageant la même langue pour être capable de leur expliquer certaines subtilités dans la langue d'origine. Cela permettra aussi d'utiliser cette même langue au cours d'éventuelles négociations et de mise en place de stratégies, pour ne pas casser la dynamique du jeu, tout en le gardant accessible aux débutants et en leur permettant d'utiliser leurs premiers mots/ expressions/ phrases en français.

mercredi 10 octobre 2012

Mon mec à moi (Patricia Kaas)

Niveau : A1-A2
Durée : 40mn



Objectifs linguistiques :
- Lexique du jeu/ du mensonge en lien avec celui des relations amoureuses (triche, menteur, joue avec ma vie, croire, chanter des chansons, raconter des histoire, scénarios chinois, c'est rien que du cinéma, jouer un film). On peut dire "lexique des bobards à la femme naïve et consentante".
- Le "e" caduc (avec les verbes pronominaux aussi : "j'me raconte des histoires"... ok, c'est un mauvais exemple, mais on peut manger le -e du "je" ou celui du "me").
- La structure avec les pronoms toniques "à moi", "à toi" pour insister sur l'appartenance.

Objectifs fonctionnels :
- Comprendre une chanson dans laquelle la narratrice parle de sa relation avec un homme peu recommandable mais néanmoins aimé.

Objectifs socio-culturels :
- Gabin et Morgan.


Pourquoi cette chanson ?
- Parce que Patricia Kaas est une des chanteuses françaises les plus connues en France et à l'étranger surtout.
- Parce qu'elle simple à comprendre sur un thème universel (l'amour et le mensonge).
- Parce que Patricia Kaas articule mal et nous permet de travailler le "e" caduc dans une chanson assez lente.
- Parce que même dans les chansons françaises on peut trouver des structures grammaticalement incorrectes...

J'ai testé cette chanson une fois avec une démarche assez classique pour voir un peu la réaction des élèves. C'était avec un groupe de mi-A2 (oui, j'ai beaucoup expérimenté sur ceux-là...). J'avais déjà vu avec eux quelque chose sur Gabin et Morgan et travaillé le "e" caduc à partir d'un manuel de phonétique. On était en plein dans les verbes pronominaux et le futur, soit la période idéal pour aborder ce sujet qui fâchent (et j'en avais assez de les entendre dire "Je vais à la boulangErie"). La chanson arrivait comme un moment de détente et de révision de ce qu'on avait déjà vu. Une sorte d'illustration de l'utilisation (ou plutôt de la non-utilisation) concrète par des Français du "e" caduc.

Avant toute chose, je m'attarde un peu sur le titre. Pourquoi mon mec "à moi" ? Pourquoi cette répétition. Est-ce qu'on peut trouver d'autres exemples/ situations où on peut employer ce genre de structures ? Avec des apprenants en contexte francophone, il doit être possible d'obtenir quelques exemples de la vie quotidienne.

Ils n'ont eu aucun mal à comprendre le contexte général : une femme trompée à laquelle son mec ment sans vergogne mais qui l'aime malgré tout. Il faut ensuite leur faire comprendre pourquoi elle veut rester avec lui et là je ne suis pas bien sûr de comprendre parfaitement le message de la chanson donc je le laisse à votre interprétation.

Comme je ne voulais pas trop m'attarder sur cette interprétation hasardeuse (et qu'il ne me semblait pas utile non plus de surinterpréter quelque chose qui n'avait pas forcément de message profond), je suis rapidement passé à une transcription écrite, texte à trous, mise en commun. Puis un relevé des mot en relation avec le mensonge et à l'explication de ces mots par les apprenants. Certaines expressions ne sont pas forcément évidentes à expliquer et il vaut mieux les préparer pour éviter les mauvaises surprises (faire du cinéma, des scénarios chinois... pour les scénarios chinois, je leur ai montré des photos de casse-tête (je connais pas le pluriel de ce mot... désolé) chinois pour leur faire comprendre la complexité des scénarios... je ne sais pas si c'est la bonne explication mais ça les a convaincus).

Un petit détour par la scène du baiser Gabin-Morgan peut être utile à ce moment-là, mais je n'ai pas eu un gros succès avec cette vidéo. Ils ont été incapables de comprendre le "t'as d'beaux yeux tu sais" (avec un "e" bien mangé) et ça ne leur a fait ni chaud ni froid...


Enfin je suis revenu plus en détail sur la prononciation de certaines phrases pour remplir mon objectif phonétique (rappel).


Pomme C (Calogero)

Niveau : A1-A2
Durée : 40mn

 

 Objectifs linguistiques :
- Lexique informatique/ ordinateur.
- Lexique des relations amoureuses, de la séduction.

Objectifs fonctionnels :
- Comprendre une chanson dans laquelle le narrateur parle de sa relation virtuel avec une autre personne sur internet et exprime des doutes sur la pérennité de cette relation.

Pourquoi cette chanson ?
- Parce que Calogero est quand même connu en France.
- Parce qu'elle n'est pas trop difficile à comprendre (travail sur le vocabulaire mais le reste, ça va).
- Parce ce qu'elle propose un parallèle intéressant entre amour et informatique avec des champs lexicaux qui se croisent en permanence.
- Parce que c'est une chanson d'amour, un thème universel !
- Parce qu'elle peut lancer des débats intéressants sur les relations sur internet et les sites de rencontres et introduire une thématique plus large (dans une optique interculturelle).

Quant au traitement de cette chanson en cours... Je ne sais pas bien comment l'aborder. Il existe un clip un peu modifié par rapport au clip original qui rajoute des cœurs, des claviers, différents attributs amoureux ou informatiques qu'il est intéressant de relever (même sans la musique), mais je n'ai pas pu le retrouver... Il faut donc se contenter du clip officiel qui aide quand même à la compréhension.



Le titre "Pomme C" mérite une petite explication avant de commencer. A partir d'hypothèses très simples, les apprenants vont pouvoir construire le déroulé de la chanson.
En effet, la Pomme est le symbole... d'Aphrodite ! (Vénus acceptée...) dans l'antiquité gréco-romaine. Or, Aphrodite est la déesse de... l'AMOUR. Donc cette chanson va parler ? D'amour, oui. Mais aujourd'hui, la Pomme, ça vous évoque quoi ? APPLE. Parfait. Et "Pomme C", ça sert à quoi sur un ordinateur Apple.... ? A faire un copier-coller ! Voilà, vous gagnez une tringle à rideau, un sac TF1 ! Et bien évidemment, vous aurez aussi droit à Adam et Ève et au péché originel.

D'où les deux thèmes de la chanson qui se retrouvent dans le titre : l'Amour et l'informatique.
Qu'est-ce que ça vous inspire ? Quel thème peut lier à la fois la pomme et le clavier ? Ils vous le donnent en mille : les site de rencontres sur internet.

En même temps, expliquer le titre fait sans doute perdre un peu d'intérêt à la compréhension directe de la chanson sans préparation mais... ça ne me semble pas idiot de leur montrer qu'à partir des deux mots du titre, ils peuvent déjà savoir de quoi ça parle.

Après une première écoute, les élèves ont en général bien compris que c'est un homme qui est amoureux d'une femme et qu'il n'est pas très content. Il faut les titiller un peu sur ça : est-ce qu'il est vraiment triste ? Ou est-ce qu'il aime ça quand même ? Ce genre de relation ? Il veut arrêter ou il veut continuer ? Le tout est de leur faire sortir l'idée d'un doute profond, doute/hésitation contenu(e) dans le refrain "Dois-je sauver ou bien abandonner ?".
Est-ce que ses sentiments sont réels ? Oui. Alors, quel est le problème ? Il ne la voit pas et ne peut pas la toucher. Quel est le rapport avec "Pomme C"? A quel endroit on peut faire "Pomme C" ? Dans les messageries.
De là découle la standardisation/ répétition/ le formatage ("mon écran formate mes sentiments") et peut-être la similitude entre deux fenêtres de messagerie avec deux personnes différentes auxquelles on va pourtant raconter la même chose sans vraiment connaître cette personne et sans qu'elle nous connaisse non plus. Je ne suis pas forcément d'accord avec cette vision, mais il me semble que ce sont les questions posées dans cette chanson et sur lesquelles il faut rebondir.

Une fois que ces réflexions ont été faites, je leur distribue les paroles avec des trous (oui, c'est une manie chez moi...) pour qu'ils les complètent et puis on réécoute la chanson. Enfin, je leur demande de classer les mots qui se rapportent à l'informatique et ceux qui sont en relation avec les relations amoureuses. Je divise la classe en deux. Pendant la mise en commun, je fais un tableau à deux colonnes pour donner systématiquement les équivalents en langage informatique et en langage amoureux (parfois identiques avec des doubles sens comme "allumer", "programme" mais aussi souvent différents et à mettre en parallèle comme "sauver", "abandonner" et même carrément superposés dans un jeu de mot : "Ma déesse, Elle" où on entend "ADSL").

Bref... j'ai essayé cette chanson deux ou trois fois et ça a bien plu à mes élèves. Je l'ai faite en mi-A2 et fin A2 mais elle est assez simple pour être étudiée à la fin du A1 je pense. Ou même dans un niveau plus élevé comme déclencheur de production ou de débat.



mardi 9 octobre 2012

La rue du Mystère

Niveau : A1-A2
Durée : 40mn



Objectifs :
- Se présenter, parler de soi et de son environnement.
- Poser des questions.

Voilà un petit exercice que j'avais fait en classe d'anglais en stage linguistique à Brighton... Il m'avait beaucoup plu et j'ai donc décidé de le reproduire tant bien que mal dans mon cours (ou en tout cas d'en reprendre l'idée car ça fait déjà quelques années et je ne m'en souviens pas en détails...)

Les apprenants sont tous des habitants de la rue du Mystère. Ils reçoivent chacun un papier sur lequel sont écrites diverses informations : nom, prénom, numéro de maison, étage (le cas échéant), relations avec les autres voisins. Chacun connaît deux ou trois informations sur certains des voisins de la rue.
Tous les apprenants reçoivent ces papiers SAUF un des apprenants qui habitent le numéro 13. C'est Monsieur X. Il doit tout faire pour ne pas être découvert par les autres voisins, tandis que ces derniers font tout pour le découvrir en recoupant les informations discordantes.

La personne qui habitent au n°13 doit être un apprenant assez fort par rapport au groupe pour les embobiner correctement. Chaque voisin doit normalement rencontrer tous les autres voisins.

Par exemple : Monsieur X dit à Sabrina qu'il s'appelle Gérard Dupont et qu'il habite au n°1, au premier étage. Puis Sabrina change de partenaire et discute avec une autre personne qui habite également au n°1 mais qui n'a pas le même nom. Elle doit alors trouver une troisième personne pour lui confirmer l'information et savoir lequel lui dit la vérité et lequel lui raconte des bobards. Quand à Monsieur X, en recueillant des informations à droite à gauche (et en laissant toujours parler ses interlocuteurs en premier...), il peut se faire passer alternativement pour différents voisins ou pour toujours le même pour limiter les soupçons. Il peut tout tenter pour ne pas se faire prendre. Y compris faire part de faux soupçons pour accuser les autres.

Cela peut paraître facile, mais finalement après l'avoir testé, je me rends compte que personne n'avait réellement trouvé quelle personne leur racontait des bobards depuis le début.
Pour que le jeu ne devienne pas trop difficile pour Monsieur X, il faut préciser que les apprenants ne peuvent être QUE par groupe de 2, pour éviter de confronter directement deux personnes aux versions contradictoires. Mais cela ne les empêche pas de s'échanger leur doutes et leurs informations (ce qui est même vivement recommandé).

 Les maisons 3 et 7 (et un peu la 5) fonctionnent en autonomie. Les colocs de la 9 n'ont pas besoin d'être tous présents dans le jeu. Ainsi, on peut adapter l'activité au nombre d'élèves dans la classe.

Ce qui est surtout intéressant pour les élèves, c'est de découvrir et de parler avec des personnes avec lesquelles ils sont censés avoir certaines relations sociales. Par exemple : "Ah ! C'est vous Madame Moisi qui habitez au n°15 et qui nous prêtez un garage pour répéter ? Merci beaucoup !"
Il faut encourager les étudiants à réagir avec ces personnes comme ils le feraient dans la vraie vie, dans ce contexte et dans ce type de relations. De même quand le mari et la femme qui vivent sous le même toit se rencontrent au hasard des discussions.

Ci-dessous, les différents rôles ("plus d'infos").